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La danse du lion asiatique en Île-de-France

La danse du lion est une pratique culturelle très répandue parmi la communauté asiatique, elle consiste en une chorégraphie dans la quelle deux danseurs manipulent un costume et un masque de lion en imitant le plus possible les mouvements de l’animal. Un orchestre accompagne la danse en ponctuant les mouvements que fait le lion. La chorégraphie raconte une sorte de petite histoire en quelques minutes. C’est une danse collective, artistique et assez technique.

La danse du lion est une tradition millénaire en Chine. Depuis l’antiquité, il existe une tradition de danseurs portant des masques d’animaux ou de créatures mythiques. Cependant, le lion n’est pas un animal natif de la Chine. Il a été probablement introduit pendant la Dynastie Han et plus précisément pendant l’époque de l’Empereur Shun (126-145 ap. J.-C.), par des ambassadeurs de l’Empire parthe, grâce à un hommage qui avait le but d’instaurer des bonnes relations commerciales. Le mot chinois «shi» () dérive probablement du mot persan «šer», fait qui renforce la probabilité que le lion soit arrivé en Chine du Moyen Orient.

Nous ne connaissons pas exactement les origines historiques de la danse. Probablement elle est née par la volonté des souverains de reproduire un animal si puissant et noble. Les premières traces écrites de son existence remontent à la période de la Dynastie Tang (618-907). Plusieurs versions de danses, avec des personnes portant un masque de lion apparaissent dans cette période pour amuser la Cour; notamment l’une d’entre elles est présentée dans la composition «Arts des Liang occidentaux» du poète Bai Juyi.

Dans le sud de la Chine, une autre forme apparaît plus tard, probablement originaire de la province du Guangdong. Une possibilité est qu’elle ait été introduite par des danseurs originaires du Sud qui se produisaient dans la Cour de l’Empire, basée au fil des Dynasties plutôt au nord du pays. La diffusion de ce deuxième style «Fat San» remonte probablement à la Dynastie Ming (1368-1644) et elle représente l’adaptation du lion du Nord aux mythes locaux de la région de Guangdong. Ce style a été adopté par les différentes écoles de kung-fu et est devenu au fil du temps une pratique très importante au sein des enseignements traditionnels. La danse du lion représentait le sommet dans les performances des pratiquants. Elle était un moyen de comparer l’habileté des différentes écoles de kung-fu et elle était aussi utilisée dans les affrontements, pour éviter d’autres formes plus violentes.

Pendant la Dynastie Qing (1644-1912) la danse du lion du Sud prend aussi la signification secrète de résistance au pouvoir, en faveur de la restauration de la Dynastie Ming. Des messages secrets y étaient véhiculés, comme le cas emblématique du rituel du «Choi Ching» qu’en chinois signifie «prendre le vert», mais est aussi homophone de «chasser les Qing».

Par ailleurs, il existe plusieurs légendes qui expliquent l’origine de la danse du lion. Chaque maître a sa propre version, qu’il transmet oralement à ses disciples. C’est à travers ces légendes que la communauté transmet le sens donné à la danse, aux symboles qu’elle utilise et aux histoires qu’elle représente. La plus répandue de ces légendes raconte que dans les temps anciens, une bête affamée, le «Nian», était descendue des montagnes pour se nourrir. Dans le village, hommes et femmes travaillaient dans les champs et avaient laissé leurs enfants dans les maisons. Après avoir fouillé, le lion ne trouve autre chose que de la salade pour manger et fait donc de celle-ci son repas. Les enfants cachés, pour se sauver du lion qui pourrait les trouver et les dévorer, font le maximum de bruit avec tout genre d’objets qu’ils trouvent. Le lion a peur de ces bruits et s’échappe. Les enfants sont ainsi sauvés.

Par tradition, cette danse a lieu principalement pendant le nouvel an chinois; sa signification est entouré des symboles qui accompagnent les souhaits du début d’une nouvelle année: prospérité, bonheur, travail, santé, etc. Il est important de constater la continuité de cette pratique au delà des pays asiatiques, en particulier, en Île-de-France où cette pratique jouit d’une importante vitalité. A Paris, plusieurs écoles pratiquent la danse du Lion, ce sont les élèves de ces écoles les principaux porteurs de cette tradition.

Traditionnellement la danse du lion était une étape dans l’apprentissage du kung-fu, de manière générale c’était les élèves les plus performants qui étaient capacités pour pratiquer cette danse. En effet, les mouvements de base dans la danse du lion correspondent aux postures et chorégraphies du kung-fu. C’est donc de manière très évidente, dans le cadre de l’apprentissage du kung-fu qu’a lieu la transmission de la danse du Lion, il s’agît dans ces cas d’une transmission orale, de maître à disciple qui prend des années.

A partir des années 1990 apparaît un style en quelque sorte plus libre, qui n’est plus lié au kung-fu d’une manière aussi intime mais qui au contraire évolue dans la recherche de nouveaux mouvements. Si dans le style «classique» pratiqué encore dans les années 1970 et 1980 on reconnaît des coups de pied, des prises et des coups de poings, proches du kung-fu, à l’inverse, on est à présent face à un style plus sportive et même acrobatique. De plus en plus, l’entraînement est focalisé sur le besoin d’imiter au mieux les mouvements du lion de la manière la plus naturelle possible. Les élèves s’entraînent pour ça avec assiduité et de manière intensive.

Lorsque les nouvelles générations s’impliquent dans l’apprentissage de la danse du lion, elles considèrent qu’étant donné que le contexte de représentation n’est pas l’espace d’origine, il est nécessaire de développer de nouvelles manières pour pratiquer cette danse en dehors des cérémonies traditionnelles. C’est dans cet esprit que beaucoup d’associations forment leurs élèves à la danse souvent dans une démarche sportive ou artistique.

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En partenariat avec la Direction des
Patrimoines du Ministère de la Culture

 

 

 

 



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